
Argumentaire Sans-abrisme
Accompagnement des personnes à la rue : respecter les singularités, valoriser les équipes.
Télécharger le documentréée en 1871, l’association Aurore s’investit sur le champ de la grande précarité au point de devenir un acteur de premier plan au cours du 20ème siècle. En 1995, l’association déployait sa première maraude.
En 2009, à la disparition de l’association Cœur des Haltes, Aurore reprend la gestion de la Halte Femmes, accueil de jour dédié aux femmes sans domicile, et de la Halte Jeunes, ciblant les 18-25 ans, créées quelques années auparavant. Cette absorption confortait notre expertise d’accueil de jour. Notre association cumule désormais trois décennies d’expérience de l’accueil de personnes à la rue relevant de la grande marginalité, autour des métiers dits de la veille sociale. Cet historique nous permet d’observer l’évolution des publics et de leurs besoins, mais aussi l’augmentation constante de leur nombre.
Ainsi, si la dernière enquête Sans Domicile de l’INSEE recensait 143 000 personnes sans domicile en France en 2012I, la Fondation Abbé Pierre estimait leur nombre à 330 000 une décennie plus tardII. Toujours plus importante, mais aussi, paradoxalement, toujours moins visible, la grande précarité dérange : entre 1993 et 2022, la part de nos concitoyens indifférents ou méfiants à l’égard des exclus est passée de 20 à 35 %.
Cette mise à distance sociale affecte, par un effet miroir, les professionnels de la veille sociale qui les accompagnent au quotidien. Au sein des maraudes et des accueils de jour, ces acteurs de terrain nouent patiemment des liens de confiance avec les plus vulnérables ; ils sont les interlocuteurs privilégiés de ces publics, sinon les seuls. Par leur mission, ils sont confrontés à des souffrances psychologiques et psychiatriques croissantes, face auxquelles ils se trouvent fréquemment démunis.
