Témoignage Olga et Iryna
Témoignage

Témoignage d'Olga et Iryna, réfugiées ukrainiennes accompagnées par Aurore

Olga et Iryna ont fuit la guerre en Ukraine et tentent de reconstruire leur vie en France. Elles sont aujourd'hui accompagnées par les équipes d’Aurore à Mende. Découvrez leur histoire...

Ces témoignages, retranscrits dans leur authenticité, ont été recueillis en février 2025.

Iryna, tout quitter pour tout reconstruire

J’ai quitté l’Ukraine dès le premier jour de la guerre et je suis venue en France au mois de mars 2022, avec ma fille et mon petit-fils.

J’étais très effrayée, désespérée, désorientée. Le voyage a été accompagné par des bombardements, nous avons vu beaucoup de morts et nous avons eu beaucoup de peur et de stress.

Nous avions peur aussi parce que nous ne connaissons pas la langue et ça fait beaucoup de difficultés pour nous.

Quand nous sommes arrivés en France, la Croix-Rouge nous a accueillis très chaleureusement, à Montpellier.

A la piscine à Montpellier, il y avait un camp pour les réfugiés : nous avons été hébergés à la piscine. Ça a duré une semaine. Ensuite on est allé au camp pour les réfugiés, à côté de Béziers, qui appartenait à la Croix-Rouge.

La ville s'appelle Vendres.

Ma fille et mon petit-fils sont partis à Nice parce qu’elle avait des amis qui y habitent et qui leur proposaient d’y vivre. Moi je n’ai pas la possibilité de vivre à Nice parce que c’est très cher et les amis de ma fille ne pouvaient proposer qu’une petite chambre. Ma fille fait une formation avec France Travail.

Au mois de septembre, j’ai quitté le camp, j’ai reçu l'invitation par Aurore pour être hébergée à Mende, au chalet du Chapitre. C’est un hébergement pour les colonies de vacances et la mairie et l’association qui gèrent ce lieu avaient proposé d’accueillir les Ukrainiens. C’était le bus de la Croix-Rouge qui nous a menés à Mende. Je suis restée presque trois mois au Chapitre, jusqu’au 20 décembre.

L’équipe d’Aurore a fait des recherches pour l’accompagnement des Ukrainiens, c’est-à-dire qu’ils ont contacté le Greta pour organiser les cours de langue française. Et puis toutes les démarches avec France Travail, tous les documents pour la préfecture, … Régler tous ces questions, la CAF, tout ce qui concerne l’hébergement, la vie en France, en Lozère, ...

J’ai des problèmes avec ma santé et l’équipe d’Aurore m’a beaucoup aidée pour contacter les médecins et me conduisait toujours pour les visites chez le médecin.

Ça va mieux, ma santé ; je suis devenue calme parce que j’ai senti que j’étais maintenant protégée, sous abri. Il n’y a plus de pression, plus de nervosité. Et en France, il y a la paix, il n’y a pas de bombe, il n’y a pas de stress.

Quand on visite le bureau d’Aurore, à Mende, on nous accueille chaleureusement, on nous voit comme une personne de la famille, on nous propose le café etc.

Et on peut résoudre toutes les questions s'ils ont la possibilité de le faire. Oui, on peut dire que les personnes sont bien qualifiées ; les chefs d’Aurore, ils ont bien choisi les personnes !

Je voudrais remercier Hamida, parce que je suis en contact avec elle toutes ces deux années, elle m’a reçue en consultations et elle est une aide professionnelle.

Maintenant je vis dans un appartement. J’ai fait les démarches pour être reconnue comme réfugiée subsidiaire, et avoir la possibilité de trouver un travail. Je voudrais être utile, mais je ne sais pas quel choix je peux faire, avec ma santé je ne peux pas travailler physiquement.

J’ai passé la formation à Greta qui s’appelle « Projet Pro » et j’attends la formation de France Travail, au mois de mars. C’est pour un nouveau métier, mais je ne sais pas encore lequel, parce que je ne peux pas travailler physiquement, il faudra choisir quelque chose de personnalisé. Mais je choisirai n’importe quel travail qui peut m’aider malgré mes obstacles.

Je me sens très bien maintenant.

Je ne me suis pas fait beaucoup d’amis en France à cause du problème de la langue. Je suis bénévole à la Croix-Rouge, et c'est très bon pour moi, pour progresser dans la langue. Et ce sont des personnes très gentilles et ce sont mes amis.

Je voudrais rester en France, parce ma fille a reçu la protection subsidiaire et mon petit-fils qui a douze ans fait ses études en France. C’est un très bon étudiant.

Je veux rester avec ma famille mais je ne la vois pas souvent, parce que c’est très loin.

Je voudrais remercier le personnel d’Aurore, parce qu’il a été avec moi pendant cette période difficile de ma vie. C’est très important pour moi.

Olga, engagée auprès des soldats en tant qu'interprète militaire

Je suis venue en France à la fin de juin 2023.

C'est possible de changer mon nom et de dire que je m’appelle Olga ? Parce que maintenant je suis engagée par l'armée française et ukrainienne comme interprète militaire et à cause de la sécurité je ne peux pas dire mon nom.

J’étais professeur de Français Langue Etrangère (FLE) en Ukraine et j’avais des amis qui habitent en Lozère, à Mende et à Banassac.

Quand la guerre a commencé, ils m'ont contactée et ils m’ont invitée en France. Mais je leur ai répondu que je ne peux pas quitter mon pays dans cette période-là parce que je travaillais à l’école, je ne voulais pas quitter mes élèves. J'habitais à l'ouest de l'Ukraine, c'était moins dangereux qu’à Kiev, par exemple.

Mais après un an de guerre, j’ai compris que j’étais devenue dépressive, c’était difficile. J’ai trouvé comment être utile, avec le français, pour mon pays. J'ai trouvé des contacts pour des missions qui se passent en Europe pour la formation de militaires ukrainiens qui travaillent avec les soldats français.

D’abord, c'était en Pologne, mais je n’avais pas de contact, alors j’ai contacté ma copine française qui habite à Banassac.

Dans les années 2017-2018, j’ai organisé des voyages pour mes élèves qui apprennent le français, pour visiter la Lozère. On s’est connues comme cela. Je lui ai demandé si c’était possible pour les Ukrainiens de demander l'asile en France. Elle a trouvé le contact d’Hamida, d’Aurore. A Banassac, il y avait un gîte de vacances où je pourrais être hébergée.

J'ai acheté le billet pour le bus, je suis venue en France, puis de Paris à Banassac j'ai voyagé en train.

C’est Aurore qui m’a accompagnée dès le commencement ; c’est Hamida qui m’a rencontrée à la gare de Banassac et qui m’a amenée au gîte. Et qui a fait toutes les démarches pour organiser mon séjour en France, les documents, avoir le statut de réfugiée, qui fait que je suis légale pour rester en France et travailler.

On est allées à la préfecture, puis à Montpellier pour avoir la carte pour quelques argents, puis c’est le contact avec la Croix-Rouge, à Banassac.

Je devais quitter le gîte le premier octobre, mais j'ai trouvé les contacts de la mission en France pour travailler comme interprète militaire. Je suis partie pour une mission, pendant trois mois, en septembre 2023.

Et pendant cette période-là, Aurore a trouvé un appartement pour moi.

Au mois de décembre 2023, le premier contrat s’est fini et quand je suis arrivée à Mende, l’appartement m’attendait, en centre-ville, j’étais très contente. Il y a tous les commerces à côté de moi et j’ai trouvé des amis comme Iryna et d’autres filles qui habitent à Mende, et c’est très bien.

Aujourd’hui, j'ai déjà fait cinq missions et mercredi prochain, je pars pour la sixième. Les missions durent toujours trois mois.

Pour l’instant je reste en France. Entre les missions, j’ai aussi la possibilité de voyager en France, parce que j'ai aussi trouvé beaucoup d’interprètes ukrainiens qui habitent en France, dans différentes régions, et on se visite les uns les autres.

Mais quand la guerre va finir, bien sûr, je voudrais repartir en Ukraine parce que ma famille se trouve en Ukraine. Mon mari et mon fils. Mon fils se trouve maintenant dans la zone de combats. Il va avoir 29 ans. Je n’ai pas de nouvelles régulières, mais on essaie de se contacter.

Je remercie énormément Aurore : vous comprenez, pour nous, les étrangers, avec ces démarches, la bureaucratie, on ne comprend pas beaucoup de choses. On ne connaît pas beaucoup la loi française, c'est pourquoi on a besoin de ce que fait une organisation comme Aurore et les autres.

Parce que je connais des copines et des copains qui sont comme moi, ils sont réfugiés, mais ils font ces démarches eux-mêmes, et c'est pas simple.

Crédit photo : Mathieu Ménard

Partager

LinkedInFacebookEmail

Toutes les actualités