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Témoignage

Témoignage de Shafy, ancien résident de Mende

Découvrez le témoignage de Shafy qui nous partage une partie de son parcours. Lui, sa femme et ses deux enfants sont des ancien(ne)s résident(e)s de Mende : EMILE, Programme Familles Réfugiées Réinstallées. Ce témoignage, retranscrit dans son authenticité, a été recueilli en février 2025.

Nous sommes entrés en contact avec l’association Aurore par le gouvernement français.

Nous sommes des réfugiés. Avec ma femme et nos deux enfants, on vient de Goma, au Congo, là où il y a la guerre.

On s’était réfugiés à Mayotte et, compte-tenu de ce qu’il s’est passé là-bas, le 26 février 2024 le gouvernement français a décidé de nous évacuer, de nous amener à Paris. On était à peu près 300 dans l’avion.

On était logés dans les Yvelines, dans un château, et c’est de là qu’on nous a dispatchés dans différents départements. Nous, on est partis en Occitanie où a été accueillis par l’association Aurore. A Toulouse, on nous a dit « l’association Aurore vous attend à Mende, en Lozère ». Quand on est arrivés à la gare, on a trouvé Frédéric qui était déjà là pour notre accueil.

Fred nous a cherché un endroit calme, qui correspondait vraiment au stress qu'on avait, parce qu'on avait besoin de se reposer et parce qu’on était traumatisés. Il nous a amenés à un bon endroit, où c'était calme et où tout se passait bien.

Les démarches et les papiers, tout s’est bien passé. Et l'endroit où nous a amenés Frédéric, c'était vraiment chouette. C'était un endroit calme, avec des voisins qui étaient sympas. Ils sont cools avec nous et ils nous ont bien accueillis dans ce village. Et on a aimé et on a décidé d'y rester.

Les enfants vont à l’école et tout se passe bien, ils sont à l’aise à l’école. Ma femme et moi, on va bien. Moi, je travaille, elle, elle est enceinte, donc depuis quelque temps elle ne peut pas travailler. Avant, elle travaillait à la maison de retraite de Chanac, elle était aide-soignante. Moi je suis veilleur de nuit, à la maison de retraite aussi.

Je m’occupe des enfants, je les emmène à l’école.

Mes enfants ont 8 et 3 ans, maintenant. Ils ont pu sortir du traumatisme parce que l’équipe d’Aurore savait vraiment notre besoin et faisait de son mieux pour nous encadrer et essayer de nous donner ce qui était nécessaire à ce moment.

Ils nous ont amenés prendre rendez-vous à l'hôpital pour ma femme, moi et les enfants.

Ici, les rendez-vous, des fois, ça prend un peu de temps, mais leur maman a un rendez-vous bientôt chez le psychologue, avant qu’elle donne naissance, pour enlever les traumatismes et ce qu’elle avait dans la tête, compte tenu de ce qu’il s’est passé au pays. On a vécu le pire.

Après, moi et les enfants, on aura aussi rendez-vous.

On a quitté l’hébergement d’urgence ; maintenant on a un logement social juste à côté, dans le même village, parce qu'on l'avait aimé et qu’on a décidé d'y rester. Tout se passe bien avec l'entourage aussi, vraiment, on est bien accueillis, et bien intégrés et tout se passe bien.

Il y aura assez de place pour le nouveau bébé, tout est bien fait, il y a déjà sa chambre préparée. C’est une fille, après deux garçons !

Dans le village, j’ai intégré différentes associations : celle des parents d’élèves, celle de foot et aussi celle de vélo.

J’ai des projets d’avenir professionnel : je préfèrerais être chauffeur poids lourd. Il me faut reprendre le permis. Hamida m’a donné un livre du code de la route, que j’ai relu, ils m'ont inscrit au code intensif, et j'ai eu mon code. Là je fais ma conduite, j’attends ma date d'examen.

Je suis toujours en bon contact avec l'équipe de Mende. La fois passée, Hamida m’a envoyé une annonce d’un endroit où je peux faire un peu de bricolage, apprendre des bricoles, comment réparer une radio à la maison, des interrupteurs, … C’était une bonne expérience.

Vraiment, je suis content avec ma famille, on est tranquilles. On a rencontré des bonnes personnes qui nous ont aidés à aboutir à ce qu'on voulait vraiment. On en avait vraiment besoin. Ma famille, c’est bon, j’ai le travail, j’ai la maison, et bientôt mon projet professionnel qui va aboutir par ce que je suis déjà en route. Il est nécessaire. Ce qui était le plus dur, je l’ai déjà.

Crédits photos : Mathieu Ménard

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