
Support. Don’t Punish. 2025 : Une campagne mondiale contre les politiques répressives autour de la drogue.
La campagne mondiale de plaidoyer en faveur des politiques en matière de drogues fondées sur la santé et les droits humains Support. Don’t Punish. s’est déroulée jeudi dernier, le 26 juin 2025. Retour sur les évènements organisés par les structures Aurore.
Support. Don't Punish. : un mouvement mondial
La campagne Support. Don’t Punish. est un outil essentiel pour la participation civique et la redevabilité démocratique. Depuis plus de dix ans, le mouvement puissant et décentralisé place au cœur de ses actions les communautés luttant contre les politiques répressives en matière de drogues et défendant la réduction des risques.
Les premières initiatives Support. Don’t Punish. ont commencé en 2013 avec quelques villes mobilisées. Le mouvement a pris en ampleur puisque l’année dernière, il a eu lieu dans 295 villes et 85 pays différents.
La Journée d’Action Mondiale du 26 juin est un moment de solidarité transnationale, une occasion de se rassembler pour rejeter la stigmatisation et l’injustice, tout en agissant pour transformer les lois, politiques et pratiques qui nuisent à nos communautés.
Chez Aurore, une partie de nos structures travaillent auprès d’un public consommateur de produits psychoactifs afin de les accompagner dans une démarche de réduction des risques et parfois vers l’abstinence. Cette semaine nous permet de mettre leur savoir-faire en avant.
Retour sur une semaine riche en évènements
A l’Espace de repos de la Porte de la Chapelle, les usagers de la striée et les profesionnel(le)s ont pu assister à la projection du documentaire : “Le crack, une drogue qui gagne le terrain” disponible sur Arte. Ils ont ensuite pu participer à un débat autour des salles d'inhalation existantes en Suisse et en Allemagne.
Lors de la semaine, un fil rouge a été proposé avec un photocall à l'entrée de la structure.
Au Centre d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des risques pour Usagers de Drogues (CAARUD) Doudeauville (18ème arrondissement de Paris), une journée portes ouvertes a été organisée et fut l’occasion de présenter les activités du service par les usagers. Une exposition photo a eu lieu et retraçait les sorties avec les usagers.
A STEP, une antenne du CAARUD Ego située dans le 18ème arrondissement de Paris, une journée portes ouvertes a eu lieu. STEP a l’origine, c’est un programme d’échange de seringues (PES) : seringues, tampons alcoolisés, eau stérile et préservatifs. Ils distribuent des kits de consommation et accueillent un public de consommateurs très diversifié. C’est un espace libre de parole qui permet aussi aux usagers de créer du lien. Lors de la journée Support. Don’t Punish, il y a eu une présentation de la réduction des risques par les usagers et une diffusion de vidéos.
Le Centre d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des risques pour Usagers de Drogues (CAARUD) 93 d'Aulnay-Sous-Bois s’est aussi mobilisé dans le cadre de la journée Support. Dont punish. auprès des personnes faisant usage de produits psychoactifs leur rappelant son engagement à leur cotés. Cette année, les personnes venant au CAARUD ont personnalisé des totes bags, ont pu répondre à un quizz sur les représentations des usages et des usagers, et ont pu contribuer à un mur d’expression. Durant l’après-midi le film « Histoire de la Réduction Des Risques - partie 1 » d’ASUD a été diffusé. S’en est suivi un goûter partagé avec des boissons fraiches, des crêpes et surtout, de la bonne humeur !
Durant la Fête de la Goutte d’Or, un stand d’information et de sensibilisation autour de la campagne a été tenu par le CAARUD Ego basé dans le 18ème arrondissement de Paris. Un moment de partage et d’échanges qui a permis de sensibiliser autour de la campagne et de lui apporter de la visibilité à l’échelle d’un public plus large.
Au Centre Ambulatoire de Rétablissement (CARE) situé dans le 14ème à Paris, co-géré par les associations Aurore et Gaïa Paris, deux réunions communautaires ont été mises en place autour de la campagne. Ces ateliers, mutualisés avec ASSORE, ont permis de recueillir des paroles d’usagers dans une volonté d’empowerment.
ASSORE (Accès aux soins, aux droits sociaux, à l’orientation et à la réinsertion ensemble) sont deux dispositifs (19 et 20ème arrondissements) qui ont pour mission de proposer une sortie de rue en promouvant la santé via un accès aux soins plus simples. Elles accompagnent majoritairement des hommes isolés en situation de grande précarité et en grande souffrance psychique, poly consommateurs.
Un stand a également été tenu au Festival Solidays, organisé par Solidarité Sida, dans la continuité des ateliers proposés par ASSORE et CARE. Les équipes, et quelques usagers, ont présenté le mouvement Support. Don't Punish. pour informer et faire de la prévention auprès des festivaliers. Ce fut l’occasion de faire connaître les dispositifs d’accompagnement des usagers et des solutions existantes pour les usagers de drogues. Des outils de réduction des risques ainsi que des supports co-créés avec les usagers étaient à disposition. 650 personnes ont été accueillies sur le stand dont 20 d’entre elles sont intéressé(e)s par un engagement associatif chez Aurore.
Au Centre International de Culture Populaire (CICP) a eu lieu la diffusion du film “Stalingrad Lovers” avec la réalisatrice, Fleur Albert. Le film, sorti en 2013, suit le personnage d’Isaïe qui aspire à quitter la rue pour retrouver son fils, lorsqu’il est rattrapé par la promesse faite un jour à Mehdi, parrain de la communauté des usagers du crack entre La Chapelle et Stalingrad : en cas de malheur, faire revenir son corps au pays.
A la suite de la projection, un moment d’échanges a eu lieu où le public a pu échanger avec la réalisatrice, Fleur Albert, un des acteurs principaux, Jean-Patrick Koné, ainsi que Léon Gomberoff, directeur d’activités chez Aurore sur des établissements spécialisés en addictologie et en réduction des risques , Mario Blaise, chef de pôle à l’hôpital Marmottant et vice-président de la Fédération Addiction était également présent.
Jean Patrick Koné, auparavant accompagné par le CAARUD EGO d’Aurore, est aujourd’hui accompagné dans le CHRS Siloé. Lors de son témoignage, il a souligné l’importance de la relation de confiance établie entre les acteurs et actrices avec l’équipe de tournage. Il a également mis en avant la difficulté pour lui de se mettre dans le film au départ : les frontières entre réalité et fiction étant elles-mêmes parfois floues. Une de ses difficultés a été de basculer de son rythme nocturne à la cadence de jour demandée par le tournage.
« Quand tu fumes, il n’y a plus de couleurs, plus de riches, plus de pauvres, il n’y a que le caillou. »
Jean Patrick Koné, acteur principal du fim.
Jules Boyadjian, directeur général adjoint d’Aurore, a également pris la parole et a rappelé la mobilisation générale d’Aurore dans le cadre de la campagne Support. Don’t Punish. Il a mis un point d’honneur à réaffirmer l’importance capitale de la réduction des risques : la répression n’est pas une solution. Durant ce temps d’échanges, certaines personnes ont évoqué leur impression d’empirement de la situation des usagers de crack. L’inquiétude autour de la menace du travail associatifs par la baisse des financements a été exprimée. L’urgence sanitaire liées aux usagers non-accompagnés est grandissante et cette déclaration renforce la position face aux usages de drogue : Support. Don’t Punish.






