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Historique

Par Anne-Marie Davau

 

Anne Marie Davaux, historienne s’est penchée sur l’histoire de l’association Aurore, née en 1871, dans le 15ème arrondissement de Paris.

« Le 9 juin 1872 après plus de 25 années de projets qui ne peuvent aboutir et en retard sur de nombreux pays européens, la Société Générale pour le Patronage des Libérés, SGPL , à l’origine de l’association Aurore, est créée par arrêté à Paris.

La fondation de la SGPL et la rédaction des statuts sont dus à Jules de Lamarque, chef de bureau au Ministère de l’Intérieur, qui restera son organe de tutelle jusqu’en 1911. L’objet social est ainsi défini : « La société a pour but de ramener aux habitudes d’une vie honnête et laborieuse, les libérés adultes de l’un ou l’autre sexe qui, à la suite d’une enquête approfondie, lui paraissent susceptibles de revenir au bien »

Dès 1875, le 4 novembre, la SGPL est reconnue d’utilité publique.

Ses deux premiers présidents Léon Lefébure et René Bérenger, l’un et l’autre Dans un premier temps, la SGPL s’efforce de procurer du travail aux libérés et leur accorde une assistance matérielle sous forme de bons pour le logement et les repas.parlementaires et anciens membres de divers gouvernements vont marquer et orienter la société. Le premier veut une œuvre catholique, le second une œuvre laïque. En 1879, après un violent conflit, la position de René Bérenger est retenue par le conseil d’administration. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

Dans un premier temps, la SGPL s’efforce de procurer du travail aux libérés et leur accorde une assistance matérielle sous forme de bons pour le logement et les repas. En 1877, un premier centre d’hébergement avec trois ateliers est ouvert pour les hommes dans le 15ème arrondissement. Quelques années plus tard un centre avec atelier est ouvert pour l’accueil de femmes.

En 1891, la SGPL ouvre, rue des Cévennes – locaux dans lesquels Aurore est toujours présente – un nouveau centre plus particulièrement destiné à l’accueil des libérés conditionnels.

La Première Guerre mondiale entraîne la réduction des effectifs et celle des moyens financiers,  et particulièrement la diminution de la subvention d’Etat. La situation demeure fort précaire après la guerre et conduit à la fermeture en 1926 de l’établissement pour les femmes. La crise des années 1930 aggrave la situation, une partie des locaux de la rue des Cévennes est alors louée.

Après  une fermeture durant la  Seconde Guerre mondiale, la SGPL, reprend en 1946 son activité, d’une part, sous l’égide de la Légion de Marie, communauté catholique, et d’autre part, sous l’impulsion d’Albert Lévêque, contrôleur général de l’armée.

… Pierre Bap deviendra le président en 1953 […] il va définir les nouvelles orientations, notamment vers le médico-social.

Avec une soixantaine de bénévoles et deux pères franciscains à partir de 1951, et dans des locaux délabrés, sortants de prison et clochards vont être accueillis. Parmi les bénévoles, Pierre Bap qui deviendra le président en 1953. Pendant une trentaine d’années, il va définir les nouvelles orientations, notamment vers le médico-social, multiplier les ouvertures de centres, solliciter et obtenir les appuis et les aides financières nécessaires à ce développement.

Le 21 juin 1965, un nouveau centre comportant un hôpital de jour et un dispensaire d’hygiène mentale est inauguré.

La présence catholique prend définitivement fin en 1966. Seule,  la grande fresque réalisée en 1953 dans  la chapelle désaffectée la rappelle.

Le 29 juillet 1967, par décret du Premier ministre, la Société Générale pour le Patronage des Libérés devient l’association Aurore. Ses statuts sont modifiés, son objet social  devient désormais : « La réadaptation sociale et professionnelle des personnes que la maladie, l’isolement, les détresses morales ou matérielles, un séjour en prison ou à l’hôpital ont privées d’une vie normale ».

 

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