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Le Baba et Aurore partenaires pour l'insertion des réfugiés

Quand résidents et étudiants de sciences po cuisinent ensemble

Le 16 mars 2018 | Actualités - Actus à la Une -

Récompensés par Véolia de son prix de la Solidarité étudiante portant sur des projets innovants et solidaires développés dans les domaines de l’urgence humanitaire, du lien social et de l’accompagnement vers l’emploi, Aurore et le Baba se sont unis pour l'insertion des réfugiés.

Né de la signature d’une convention avec Sciences Po, le Baba est un "marché cantine" itinérant en Ile-de-France qui s’inscrit dans une démarche d’insertion professionnelle. Il propose à des réfugiés statutaires d'accèder à une formation diplômante dans le domaine de la restauration puis de faire partager leur culture culinaire avec les Franciliens en faisant la cuisine lors d’évènements sur la région.


Quand il a entendu parler de ce projet en 2015, Mohammed Belhadi a tout de suite été séduit. Animateur socio-culturel au centre d’hébergement d’urgence (CHU) Le Loiret d'Aurore dans le XIIIème arrondissement de Paris, il organisait déjà chaque mois des ateliers culinaires avec les résidents. Soit 220 couverts : « une expérience de professionnels ou presque ! »
 


Mohammed a donc proposé à Eden, réfugiée Erythréenne, Rasko, venu du Soudan, puis Souad, un jeune marocain, tous trois hébergés au Loiret, de rencontrer les jeunes étudiantes à l’origine du projet d’insertion. Après avoir signé un contrat de travail, les résidents ont donc pu officiellement travailler au Baba mais surtout ils ont pu accéder aux formations que ce dernier leur proposait. Des partenariats passés avec des écoles de cuisine qui leur assurait un cadre diplômant : « Ce qui change tout avec le Baba, c’est qu’une réelle formation diplômante est proposée aux résidents qui y travaillent. Hygiène, gestion, sécurité… De quoi créer un bagage professionnalisant solide » se réjouit Mohammed.
 


"C’est ce genre de partenariat, à petite échelle, qu’on ne remarque pas forcément, qui fait bouger les choses au quotidien ."


Ce « food market », c’est Lou et Kassandra qui le gèrent au grès des évènements variés auxquels le Baba participe, en parallèle de leur vie d’étudiante. Pour les jeunes femmes, « la cuisine a ici clairement pour but la cohésion sociale » et « l’histoire personnelle des cuisiniers est au cœur du Baba ». Chaque dégustation donne lieu à une rencontre. Et pour créer ce lien, et pousser à la discussion, les stands et les barquettes sont accompagnés d'anecdotes écrites sur l’histoire de la personne qui cuisine et sur son pays.

Kassandra se souvient de leur premier évènement avec les cuisiniers : « c’était pour Le Printemps de la Diversité de Villaine, à Massy. Eden et Rasko sont venus cuisiner et ensuite ils ont pu présenter leurs plats directement aux visiteurs du festival ». Souad a ensuite rejoint l’équipe lors d’un repas organisé aux Grands Voisins: « il avait fait un tajine incroyable ! » sourit Lou.


Le bilan de l’expérience est positif : « Ça fait 3 ans qu’on travaille ensemble et c’est un plaisir. C’est ce genre de partenariat, à petite échelle, qu’on ne remarque pas forcément, qui fait bouger les choses au quotidien » conclut Mohammed.
D’ailleurs, il y a tout juste 2 semaines deux nouveaux CDD ont été signés entre d'anciens résidents du Loiret d’Aurore et le Baba… l’aventure continue !
 

                         

                                    © Marion Brochard