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Le service d'insertion PRISM d'Aurore
©Laurent Zylberman

Double ouverture chez PRISM

deux nouveaux ateliers culture et informatique

Le 28 mars 2018 | Actualités - Actus à la Une -

PRISM est un service d'insertion sociale et professionnelle proposant des solutions de retour à l'emploi à un public divers, allocataires du RSA. Dans le cadre d'un accompagnement global, le service ouvre deux nouveaux ateliers, culture et informatique, pour débloquer des situations par d'autres biais que les seuls recours administratifs.

Un service d'insertion professionnelle hyper actif


50 personnes bénéficiaires du RSA et éloignées de l’emploi poussent chaque jour les portes de PRISM. Le service d'insertion professionnelle du 13ème arrondissement de Paris accompagne ainsi plus de 1 100 personnes au total chaque année. Les situations y sont très variées : si les personnes en très grande précarité sont nombreuses, certaines connaissent une période de chômage plus récente. Tous les âges sont concernés, toutes les catégories professionelles aussi.

Malgré la diversité des situations rencontrées, chacune des personnes accompagnées chez PRISM est suivie par une équipe pluridisciplinaire composée de travailleurs sociaux, conseillers d’insertion professionnelle, psychologues etc. Reçue individuellement lors d’entretiens, elle se voit proposer des solutions pour initier un retour à la vie active. Cela passe notamment par la réalisation d’un bilan des compétences et envies de la personne et par son accompagnement dans les démarches d'accès à la formation et à l'emploi.

Mais la complexité du parcours de retour à l’emploi - principalement quand il concerne une personne touchée par un chômage de longue durée - à laquelle s'ajoute une précarité de vie extrême, nécessite également d'innover pour débloquer des situations souvent accentuées par des fragilités psychologiques et identitaires.

 

Initier « une expression plus libre des personnes » grâce à l'atelier culture


C’est l’objectif de l’atelier culture récemment initié par les équipe de PRISM.

Dans son « petit atelier » comme l’appelle Zukhra la référente culture présente dans le service depuis septembre 2017, celle-ci s’active pour la réussite du nouveau projet. Après une formation en art, elle s’est engagée chez Aurore et s’occupe à l’heure actuelle de ce nouvel espace.

Une permanence artistique y est mise en place tous les jeudis, et les personnes suivies chez PRISM peuvent y participer librement « pour 15 minutes ou pour 3 heures » précise Zukhra. Moment de déconnection, les participants y effectuent des croquis, des poèmes, des photos… Toutes formes d’expression.

Présente pour animer et accompagner, la référente culture privilégie autant que possible les moments individuels. Leur nombre étant limité à 8 par session, cela lui permet d’être disponible : « mon travail consiste à la fois en une aide technique et artistique mais aussi et surtout en une observation professionnelle, car la façon dont chacun se comporte face à sa création en dit long sur l’état d’esprit dans lequel il se trouve ».

Au sein de l’atelier culture, une séance hebdomadaire de collage intitulée
« Imagine moi... Ma vie dans 5 ans » a elle aussi vu le jour.  Ce qui est ici proposé aux participants c’est de recréer leur vie actuelle et celle qu’ils projettent, comme son nom l'indique, dans 5 ans. Un moment de divertissement mais surtout « l’occasion pour nous de voir comment ils envisagent l’avenir » précise Zukhra.

 

« La question de l'affirmation et de la confiance en soi est au cœur de la problématique du chômage et de la réinsertion professionnelle  »

 

Une belle réussite pour le service et son nouvel espace culturel ! En effet, fin mai, la mairie du 13ème arrondissement de Paris accueillera  une exposition photos, résultat de l'atelier mis en place en amont du nouveau projet culturel global. Au cours de ce dernier, les personnes suivies avaient pour consigne de « se raconter à travers la photo », une consigne à prendre au sens large puisqu’ils avaient le choix entre une présentation de leur vie réelle ou bien d’imaginer celle qu’ils souhaitaient. « L'un des participants a par exemple décidé de photographier la vie de son grand père» raconte Zukhra. « Cet exemple n’a l’air de rien mais pour nous il est très parlant puisqu’il nous a permis de voir qu'il fonctionnait dans un lien étroit avec ses ancêtres, au dépend d'une affirmation de sa propre identité. La question de l’identité est au cœur de l'affirmation et de la confiance en soi est au cœur de la problématique du chômage et de la réinsertion professionnelle. »

Ensuite, grâce à l’exposition, les participants pourront se placer en spectateur de leur création et donc de l’idée qu’ils se font de leur vie, un moment essentiel dans la reconstruction de leur identité. Pour Garry, coordinateur du service et conseiller d’insertion professionnelle, l’enjeu est là : « les ateliers nous permettent avant tout de débloquer des situations en travaillant sur une estime de soi souvent abîmée par des années d’inactivité professionnelle et de perte de liens sociaux ».

 

L’atelier informatique : donner les moyens d’une autonomie administrative
 

En parallèle de ce travail artistique, les personnes suivies chez PRISM bénéficient aussi d’un nouvel atelier pratique.

Des cours d’informatique sont proposés afin de permettre à chacun de se familiariser avec l’utilisation des outils bureautiques et internet dans l’objectif de permettre plus d'autonomie dans les démarches d’accès ou de maintien des droits, mais aussi de recherche d’emploi, qui passent par un grand nombre de formalités administratives à effectuer sur internet.

Ces séances sont préparées et animées par Nabil, arrivé en décembre 2017 dans le service dans le cadre d’un service civique à la suite de ses études d’informatique.

Dans un premier temps, il propose des cours de base pour apprendre à se servir d’un ordinateur : « Je leur apprends à utiliser le clavier, la souris… Tout ce qui peut paraitre évident mais qui ne l’est pas du tout quand on vit dans des conditions qui ne permettent pas d’avoir accès à de tels outils, et ce depuis longtemps ».  

 

« L’idée n’est pas de faire à la place des participants, c’est vraiment de leur donner les moyens de pouvoir faire seul. »

 

Après un apprentissage des bases, l’atelier d’insertion numérique a pour but d’aider les participants à créer un CV, à accéder au site de la CAF et aux aides, à effectuer toutes les démarches administratives nécessaires au retour à l’emploi : « l’idée n’est pas de faire à la place des participants, c’est vraiment de leur donner les moyens de pouvoir faire seul ».

Et Nabil est fier des participants : « Si au début il y avait quelques absences, maintenant ils sont très sérieux, ils prennent des notes et ils progressent vite ! »

La salle informatique équipées de 20 ordinateurs est le reste du temps mise à la disposition de ceux qui le souhaitent pour un libre accès, encadré par des règles précises. De quoi permettre aux personnes suivies chez PRISM de travailler de façon autonome et de retrouver petit à petit confiance en leurs capacités pour construire leur parcours de retour à l'emploi.

 

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