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Les visages d’Aurore : Arnaud Soudain

Portrait d'un infirmier du Foyer des Cévennes

Le 12 mai 2018 | Actualités - Actus à la Une - Portraits -

La journée internationale des infirmières et infirmiers avait lieu samedi 12 mai. L'occasion de rencontrer Arnaud Soudain, infirmier au sein du foyer de soins psychiatriques des Cévennes depuis maintenant 9 ans.

L'enfance dans l'est parisien et les premiers boulots
 

Quand on demande à Arnaud s’il a toujours voulu être infirmier sa réponse est nette : « Pas du tout ! Mes parents n’avaient rien à voir avec le milieu médical. Etant un Geek de la première heure, j’ai eu comme objectif de pouvoir travailler assez vite dans le milieu de la micro-informatique et de la vidéo. Le but était de quitter le plus rapidement possible la cité dans laquelle j’ai grandi ».

Né dans le 13ème arrondissement de Paris, l’infirmier a vécu toute son enfance avec ses parents dans une cité de l’arrondissement de l'Est parisien. A cette époque, l’objectif d’émancipation est le seul qui le guide : "J'ai commencé à travailler dès que je l'ai pu et la seule chose qui m'apparaissait à peu près clairement à ce moment là c’est que j’aimais le contact humain, les moments d’interaction étaient pour moi toujours enrichissants ». Une première piste pour le futur infirmier.

 

Une première vie professionnelle en milieu hospitalier
 

C’est par hasard qu'Arnaud a commencé à travailler à l’hôpital en 1996 : « J’ai dû chercher du travail après un passage difficile. Je suis entré par hasard à l’hôpital pour essayer d’y trouver quelque chose. J’ai tout de suite accroché avec le milieu, et j’ai voulu en faire partie ! »

Employé au sein de l’AP-HP, Arnaud décide de suivre une formation en interne pour devenir infirmier. Entre 1998 et 2009, il travaille pour les hôpitaux de Paris, et à partir de 2004 au service d’hospitalisation psychiatrique post urgence : « Là-bas, mon travail consistait à traiter l’urgence. Les patients reçus étaient tous en période de crise. C’était éprouvant mais extrêmement enrichissant. Moi qui voulais du contact humain, j’étais en plein dedans ».

 

Je voulais continuer à travailler dans le domaine de la psychiatrie mais j'ai eu envie de me tourner vers une approche différente, vers le suivi, le long terme.

 

 Après ces 6 années en hospitalisation psychiatriques post urgence, Arnaud décide de se tourner vers Aurore et le Foyer des Cévennes, lieu de soin spécialisé dans les troubles psychiatriques : "Le côté urgence a ses limites. Je voulais continuer à travailler dans le domaine de la psychiatrie mais j'ai eu envie de me tourner vers une approche différente, vers le suivi, le long terme."

 

Le Foyer des Cévennes : un lieu de soins

 

Dans le 15ème arrondissement de Paris, le Foyer des Cévennes accueille 27 patients, adultes, uniquement des hommes : "Je suis arrivé aux Cévennes en 2010. Le service recherchait un infirmier et j'ai été séduit par la dimension projet qui n'est absolument pas possible de développer en urgence à l'hôpital. Ici, on accompagne des personnes sur plusieurs années, 3 ou 4, plus si leur situation le nécessite. Le travail est donc totalement différent !"

Une majorité des personnes accueillies au Foyer est suivie pour des troubles psychotiques, la schizophrénie étant la pathologie qui touche le plus grand nombre d'entre elles : "Nos patients suivent des traitements, le Foyer est un lieu de soin et non pas simplement un accueil" précise l'infirmier.

Pour faire vivre le lieu et travailler auprès des 27 résidents, trois équipes se relaient : une l'après-midi, dans laquelle Arnaud travaille maintenant depuis 9 ans, une de nuit, et une de week-end. Infirmiers, assistante sociale, psychologues et psychiatres travaillent ensemble pour la prise en charge des patients. Entre 9h et 14h, chacune des personnes accueillies est occupée en dehors du service : hôpital de jour, atelier thérapeutique, CATTP (Centre d’Activité Thérapeutique à Temps Partiel), ESAT (Etablissement de Service d'Aide par le Travail) et travail en milieu ordinaire. Le service fonctionne en lien étroit avec les différentes structures qui participent à la vie et à la prise en charge des patients.

 

‘’J'ai été séduit par la dimension projet qu'il existe dans notre travail. Ici, on accompagne les patients sur plusieurs années. La prise en charge est donc totalement différente !’’

 

En effet, un projet global est établi avec chaque patient à son entrée au Foyer avec l’équipe pluridisciplinaire : "Ici on parle à la fois d'un projet de soin, mais aussi d'un projet professionnel et d’hébergement sur le long terme" explique Arnaud. En tant qu'infirmier, il prépare et dispense les traitements adaptés à chacun, et il en surveille les nombreux effets secondaires possibles. Il participe aux entretiens avec les deux psychiatres-psychologues présents plusieurs fois par semaine dans le service et y repère l’évolution de l'état psychologique des patients.

Plus largement, l'objectif et le travail d'Arnaud sont de permettre aux patients accueillis au Foyer d'atteindre un maximum d’autonomie et de maintenir leur stabilité psychologique. Cela passe aussi par un apprentissage social : « L'organisation de différents ateliers sont des moments importants dans notre travail» ajoute-t-il. Chaque semaine, les cours de cuisine, la commande des repas du soir, l’atelier d'écriture, l'apprentissage des règles d'hygiène, sont autant de moments qui permettent aux infirmiers du service de travailler l'autonomisation de chaque patient.

Arnaud nous parle aussi des nombreuses réussites du service : "Quand d’anciens résidents, qui ont pu accéder à un logement et vivent plus ou moins de façon autonome, reviennent nous voir pour donner de leur nouvelles, c'est là que notre travail prend tout son sens à nos yeux"

 

 

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