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Le sport, outil d'intégration :

Au Loiret, demandeurs d'asile et étudiants de Sciences Po forment une équipe de cricket

 

Le Championnat de l’Intégration et de la Solidarité l’a prouvé : le sport est un excellent outil de mixité sociale. Une initiative similaire a vu le jour au sein du centre d’hébergement d’urgence le Loiret d’Aurore. Ce partenariat avec l’association étudiante Sciences Po Refugee Help est à l’origine de la création d’une équipe de cricket, où résidents et étudiants de Sciences Po jouent côte à côte.

 

L'équipe de cricket du CHU Le Loiret d'Aurore

 

Mettre en lien étudiants et réfugiés

Nous sommes fin février et le froid se fait encore piquant. Peu importe, l’équipe de cricket du CHU Le Loiret d’Aurore se lance à l’assaut du grand terrain extérieur du centre sportif Poterne des Peupliers, dans le 13ème arrondissement de Paris. Maillots, crampons, protections et battes : grâce à l’association Sciences Po Refugee Help, les joueurs sont tous équipés pour l’entraînement hebdomadaire, le troisième depuis la mise en place de cet atelier sportif.

Fondée il y a un an, Sciences Po Refugee Help, l’association étudiante de l’IEP de Paris, entend mettre en lien étudiants de Sciences Po et personnes réfugiées. Comptant aujourd’hui plus de 200 bénévoles, l’association mène une action très variée allant de l’aide administrative et matérielle aux activités culturelles et sociales, en passant par des cours de français, des suivis juridiques ou encore des actions de maraudes. Ainsi, tous les membres de Sciences Po Refugee Help travaillent bénévolement et sur leur temps libre, avec pour objectif commun d’améliorer les conditions de vie de ces personnes ayant dû fuir leur pays.« Au départ il était seulement question de cours de français, mais aujourd’hui il y a des activités tous les week-ends. »

« Ce partenariat a commencé peu après la création de l’association » explique Mohamed, travailleur social au CHU Le Loiret d’Aurore, qui héberge et accompagne des demandeurs d’asile depuis le printemps 2015. « Au départ, il était seulement question de cours de français. Au fil du temps, face au succès remporté par les interventions des étudiants dans le centre, celles-ci se sont diversifiées. Aujourd’hui, des activités sont organisés tous les week-ends, qu’il s’agisse de sorties culturelles, de sessions sportives ou de moments conviviaux et festifs. » Si ce partenariat est très actif au Loiret, il s’étend également aux autres centres d’hébergement d’Aurore pour demandeurs d’asile à Paris, Ivry, Boulogne et au Pré Saint Gervais.

 

Développer l’intégration sociale des réfugiés 

Adèle a la petite vingtaine. Membre de Science Po Refugee Help depuis septembre, elle est la coordinatrice de l’équipe Activités Sociales. « Si notre association est très impliquée dans l’aide pratique aux réfugiés, il est également primordial pour nous de leur permettre de créer des liens durables, avec d’autres personnes au sein de leur nouvel environnement. » C’est pour ce faire que l’équipe d’Adèle s’emploie à insuffler des moments de convivialité dans le quotidien des personnes, pour combattre l’isolement dont elles peuvent pâtir tout en leur permettant de pratiquer le français dans un cadre informel.

 

Sciences Po Refugee Help et les résidents d'Aurore

 

Repas partagés inspirés du patrimoine culinaire des résidents, concerts de rap à la Lingerie des Grands Voisins, activités sportives rassemblant réfugiés et étudiants de Sciences Po… « Il existe de nombreuses initiatives leur facilitant l’accès à la culture, à telle ou telle institution. A l’inverse, les occasions de rencontrer des personnes du même âge et de tisser des liens d’amitié ne sont pas si communesLa cuisine, la musique et le sport, voilà trois disciplines qui favorisent vraiment l’enrichissement des relations inter-personnelles »  explique Adèle, pour qui cet engagement associatif n’est pas seulement un acte d’altruisme, mais aussi et surtout un plaisir partagé. « L’idée est aussi de briser cette dichotomie qu’il peut y avoir entre « aidants et aidés ». Aujourd’hui, nous avons tous développé de vrais liens et nous prenons plaisir à organiser des activités avec ces personnes qui sont maintenant nos amis ».

 

Une équipe de cricket à l’initiative des résidents

« Leurs occasions de rencontrer des personnes du même âge et de tisser des liens d’amitié ne sont pas si communes. »

C’est de cette dynamique qu’est issue la toute récente équipe de cricket de Sciences Po Refugee Help, réunissant une petite vingtaine de joueurs, résidents du Loiret et étudiants de Sciences Po.

« Nous organisions déjà des tournois informels de football le week-end, et les résidents du Loiret nous ont souvent fait la demande de monter une équipe de cricket ». Certes peu répandu en France, le cricket est une véritable institution dans de nombreux pays du globe, notamment l’Afghanistan et le Pakistan, pays dont sont originaires beaucoup de résidents du Loiret. « C’était justement l’occasion d’inverser un peu la tendance, de permettre à ces personnes de nous apprendre à notre tour une discipline que nous connaissons peu, ils étaient très enthousiastes à cette idée. »

C’est ainsi que l’équipe activités d’Adèle s’est procuré l’équipement requis – « on a dû le faire venir d’Angleterre ! » – grâce au soutien financier de la Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale d’Ile-de-France (DRJSCS). En parallèle, l’administration de Sciences Po obtient de la Mairie de Paris la mise à disposition d’un grand terrain extérieur dans le 13ème arrondissement. Un vrai coup de pouce quand on connaît le coût et la faible disponibilité de ces terrains à Paris.

 

L'équipe de cricket d'Aurore

 

Des opportunités à mutualiser

Pour aller au bout de la vocation d’intégration sociale du projet, les deux ateliers cricket et foot sont accessibles à l’ensemble des étudiants de Sciences Po, et non plus seulement aux membres de l’association. « Quand ils m’ont vue arriver, ils étaient étonnés de voir que je savais jouer, surtout sur un terrain extérieur, dans leur pays ce n’est pas courant », sourit Alba. Elève en première année à Sciences Po, elle fait dorénavant partie de l’équipe de cricket et souhaite intégrer l’année prochaine l’association Sciences Po Refugee Help. A ses côtés sur le terrain, d’autres étudiants, mais également trois résidents d’un autre centre d’hébergement pour demandeurs d’asile géré par Aurore au Pré-Saint-Gervais. Ayant pris connaissance de cette équipe par le biais de Mohamed, le travailleur social du Loiret, ils ont sauté sur l’occasion. « Mutualiser nos ressources, c’est autant d’opportunités d’œuvrer pour le mieux-être et l’intégration des personnes. »

Le développement de partenariats fait aujourd’hui partie intégrante de la vie des services et du travail des équipes, qui ne ménagent ni leur temps ni leur énergie pour permettre ces collaborations. « Au Loiret nous avons actuellement 11 partenaires de toute nature, associatifs, culturels, sportifs, médicaux, médicaux sociaux, et nous travaillons actuellement à la mise en place d’un nouveau partenariat pour permettre la création d’un atelier informatique », explique Mohamed, pour qui cette dimension partenariale a beaucoup à apporter à Aurore : « Nous veillons à rendre nos ressources accessibles aux autres services. Faire connaître et mutualiser les collaborations que l’on nous propose, c’est autant d’opportunités d’œuvrer pour le mieux-être et l’intégration des personnes que l’on accueille ».

 

L’accueil des personnes réfugiées, un engagement fort d’Aurore :

L’association Aurore s’est engagée en Ile-de-France dans le plan Migrants juste avant son lancement dès le mois de mai 2015 (Conseil des Ministres du 17 juin 2015 et circulaire interministérielle relative à la mise en œuvre du plan « Répondre au défi des migrations : respecter les droits – faire respecter le droit ») en mobilisant les centres de Saint Pétersbourg, du Loiret, d’Ivry Masséna afin d’héberger des personnes vivant dans des campements à Paris, en particulier celui de la Chapelle.

Dans le cadre du plan Migrants, Aurore a ouvert 14 centres sur six départements différents, ainsi que 4 gymnases.

En 18 mois, ce sont plus de 2300 places (sur les 8000 créées) que l’association a su mobiliser ou créer, dans des temps records pour certains.

En 2017, 5 nouveaux sites ont prévu d’ouvrir leurs portes, ce qui permettra de créer 500 à 1000 places supplémentaires.

 

 

 

 

 

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