Projets européens

 

FSE NATIONAL

 

Dispositif FSE « formation-action-emploi »

 

Objectif : Proposer un accompagnement renforcé vers l’emploi et/ou la formation aux personnes, hébergées et/ou accompagnées par Aurore, qui ne peuvent accéder directement aux dispositifs de droit commun.

Les services d’Aurore participant à ce projet en 2012 :
Prism, Paris
La Talvère, Gagny

Suzanne Képès, Paris

La Colombe, Boulogne-Billancourt
Mais aussi les services de Gonesse et Bezons

Convention Aurore 2012. Paris. 28-juin-2012

Caractéristiques du dispositif :

- le dispositif se veut innovant et expérimental sur une période déterminée (2012/2013), afin d’en vérifier la pertinence auprès d’un échantillon suffisant et diversifié des publics accueillis/hébergés.

- Des « binômes » travailleur social / formateur extérieur, qui interviennent ensemble dans les groupes : complémentarité.

- Ces acteurs se réunissent régulièrement (Groupe de Régulation animé par un intervenant extérieur) afin d’échanger et d’analyser leurs pratiques, et d’apporter les mesures correctives en temps réel.

- Atelier « formation-emploi » régulier (1/2 à 1 journée/semaine) pour chaque petit groupe de 6 à 8 bénéficiaires dans chaque structure impliquée, pour un parcours moyen de 6 mois (en fonction du rythme et des besoins individuels). – Support informatique et internet pour que les bénéficiaires puissent se familiariser avec l’outil et devenir ainsi autonomes dans leurs recherches d’emploi.

- Formation au plus près des besoins des personnes.

- Des stages d’immersion en entreprises, destinés à découvrir un métier ou les codes du monde du travail, vérifier un projet professionnel et tester ses compétences/aptitudes, fournir un tremplin vers l’emploi, se faire connaître et apprécier de l’employeur.

Etapes de la mise en œuvre:

-      première étape (fin 2011/début 2012) : conception du dispositif par rapport aux difficultés particulières & besoins constatés chez nos publics ; échanges et réflexions collectifs entre opérationnels de terrain, chargée de projet et Direction.

-      2ème étape (mars à juin 2012) : réunions d’informations aux équipes de terrain et consultation ; analyse des conditions de mise en œuvre, des contraintes de services, des caractéristiques des publics, des spécificités des structures.

-      3ème étape (septembre /octobre 2012) : constitution des « binômes » travailleurs sociaux/formateurs ; premières réunions du Groupe de Régulation ; recherche et sélection, par les équipes, des publics susceptibles de tirer parti de l’opération ; information des publics sur le dispositif

-      4ème étape (1er octobre / fin décembre 2012) : démarrage échelonné des ateliers « formation-emploi », en fonction du niveau de préparation des équipes et des conditions de mise en œuvre (aménagement d’une salle de formation, installation des ordinateurs et de ligne internet, etc…) ; recherches spécifiques de la part des travailleurs sociaux, telles que des modes appropriés de gardes d’enfants. Réunions mensuelles du Groupe de Régulation.

Résultats:

De très bons résultats, au regard des difficultés spécifiques de nos publics (taux important de femmes isolées avec enfants, sans qualification, publics ayant connu la précarité et les problèmes qui y sont liés, tels la santé) ; et au regard du parcours qui n’est pas terminé pour 50% d’entre eux.

-      54 % des publics (si l’on tient compte des entrées récentes) ont trouvé une issue positive AVANT la fin ou à l’issue du parcours moyen (6 mois)

-      un taux extrêmement faible d’abandon : 1,7 % (1 sur 58) confirme d’une part le travail de sélection pertinent de la part des travailleurs sociaux, la qualité du travail d’accompagnement de la part des binômes formateur extérieur/travailleur social ; et démontre d’autre part la volonté d’intégration et d’insertion professionnelle de ces publics (souvent étiquetés comme « assistés »)

Les sorties du dispositif classées « non positives » (15% soit 5 sur 32), correspondent aux aléas de la vie, que nous pouvons retrouver dans n’importe quel dispositif de droit commun :

-      1 sortie pour problèmes de santé graves (hospitalisation),

-      1 retour au pays, cause décès d’un proche,

-      2 raisons extérieures au dispositif, à savoir 2 sorties du CHRS dont 1 accès au logement, sachant que nous n’avions pas le droit de garder ces 2 personnes sur le dispositif,

-      1 abandon (la personne n’était pas prête,problématiques à régler en amont)

A ce jour, la plupart des personnes en fin de parcours sont en stage d’immersion en entreprise, sauf pour les personnes qui sont déjà sorties en emploi ou en formation dans les dispositifs de droit commun.

Pertinence du dispositif:

Le dispositif s’avère pertinent : il correspond à des besoins qui ne sont pas pris en charge par les dispositifs de droit commun.

La venue d’une personne extérieure (le formateur), experte en accompagnement vers l’emploi, est très appréciée par les publics et les « dynamise ».

Le principe du « binôme » a bien fonctionné : la synergie entre intervenant extérieur (celui qui vient du dehors, et qui va nous accompagner vers le dehors, l’extérieur, le monde du travail, qui nous donne les « codes » de ce monde où l’erreur n’est pas permise…) et travailleur social (qui connaît bien les publics, qui connaît bien leur parcours de vie mais garde le secret professionnel, avec qui l’on ne peut pas tricher), cette synergie donc est extrêmement efficace, comme nous le pensions, et offre un cadre « contenant » pour des publics fragilisés.

Les acteurs estiment que le « Groupe de régulation » est utile, voire indispensable. Malgré tout, cela représente une contrainte et un effort importants pour les services, car 1 travailleur social en moins sur la structure pendant ½ journée est très handicapant pour une petite équipe.

Comme prévu, la fréquence du groupe de régulation, mensuelle au démarrage de l’action (4 réunions de septembre à décembre 2012), a été portée à 1 fois toutes les 6 semaines en 2013.

La fréquence de l’atelier formation-emploi, avec une montée en charge de ½ journée au démarrage à une journée entière au bout de quelques semaines (en fonction de la progression et maturité du groupe), s’est avérée également pertinente.

Le lieu de formation, situé sur place (où les personnes sont hébergées ou suivies) est un élément déterminant, notamment au démarrage de l’action. Le rôle du travailleur social est important pour mobiliser les personnes qui en ont davantage besoin que d’autres, pour les encourager. Le référent action est en lien permanent avec le référent social de chaque participant, aussi bien en réunion de service où ils font le point, que ponctuellement au besoin. Si bien que la personne est constamment suivie, encouragée et soutenue dans ses démarches de recherche d’emploi ou de stage en entreprise.

La prise en charge des frais de garde d’enfants et frais de transport s’est avérée très pertinente : le public est en majorité des femmes ; une majorité de femmes sont sans ressources pour payer la garde, cela représentait un obstacle déterminant à la recherche d’emploi. Notons que les travailleurs sociaux ont investi beaucoup de temps pour chercher et trouver des solutions de garde adaptées. Les assistantes maternelles ne sont pas intéressées par ½ ou 1 journée par semaine. Les places en crèches sont rares.

Conseil de la vie sociale Aurore. Paris.16 Nov 2011

Conseil de la vie sociale Aurore. Paris.16 Nov 2011

 

 

 

 

 

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Programme Grundtvig “Rien pour nous sans nous, la parole aux 100 voix”

2012/2014

 

Les partenaires financeurs

 

Veoliafse joelle

 

vinci

Les partenaires

 

acv logo_pepsaee logo_article_23_blackFondationTrajets

 

 

 

 

 

Pepsaee, Article 23, Trajets, Aide au Choix de Vie

 

“Rien pour nous sans nous” et “La parole aux 100 voix” sont deux projets rassemblant des personnes accueillies et des professionnels de l’association AURORE dans le but d’interroger et d’améliorer ensemble leur participation citoyenne et démocratique au sein de l’association et de la société.

Ce partenariat “Rien pour nous sans nous” était construit conjointement par des personnes accueillies et des professionnels du secteur social, associations mettant en oeuvre l’insertion par l’économique, la culture, la formation, l’accompagnement psycho-social. Les 5 partenaires accompagnent les mêmes types de publics : usagers de la santé mentale, personnes en situation d’exclusion et/ou de précarité.

La visite préparatoire à Genève, ainsi qu’un précédent partenariat (Tous différents, tous citoyens 2009/2011) ont permis de se mettre d’accord rapidement sur les objectifs/activités et notamment sur une méthode de travail appropriée : réfléchir tous ensemble, personnes accueillies et professionnels, en petits groupe de réflexion transversaux, à chaque rencontre transnationale. Cette méthode fut mise en oeuvre dès la première rencontre à Genève dès février 2013, au cours de laquelle furent dégagés 4 grands axes de réflexion.

Ces 4 ateliers de réflexion se poursuivirent à chaque rencontre à Paris (mai 2013), Liège (octobre 2013) et Athènes (mai 2014). Le fonctionnement était simple : 1 personne accueillie et 1 professionnel animaient un atelier thématique, chaque atelier comprenant au minimum 2 participants de chaque pays. Les 4 thèmes  étaient :

- Définition de la citoyenneté et de la participation citoyenne, leur rapport au droit et devoirs au travail,

- Blog & glossaire : comment faire vivre notre blog collectif et nous comprendre,

- Les moyens d’expression des associations pour favoriser l’autoreprésentation  des usagers. Quelles pratiques, quels outils pour favoriser la participation et l’auto-représentation ?

- L’effet-miroir : quel décalage entre les besoins des usagers et les demandes & attentes des pouvoirs publics et associations ?

L’obstacle principal à ce mode de fonctionnement – qui nous paraissait idéal pour favoriser au maximum la participation active des personnes accueillies -s’est révélé être l’obligation des mobilités différentes à chaque voyage, qui ne permettait pas un suivi par les mêmes personnes accueillies d’une rencontre à l’autre, et qui les a perturbées. Cela leur semblait contradictoire par rapport à l’objectif d’échanges de Grundtvig et par rapport à l’investissement demandé.

Nos  objectifs ont été globalement atteints et, lors du bilan final à Athènes, tous les participants étaient enthousiastes et satisfaits. La grille d’évaluation participative montre bien une progression notamment en termes de montée en compétences pour les bénéficiaires et professionnels.

Il semble que les réalités soient différentes en fonction des pays, tant au niveau économique qu’au niveau culturel. Il existe des disparités flagrantes dans les droits et allocations perçues par les personnes accueillies (par exemple entre la Suisse et la Grèce), mais également dans la pratique courante de la participation démocratique (dans laquelle  les bénéficiaires Grecs semblent en avance sur tous les autres).

Les activités du partenariat ont été riches et les réflexions productives. Les rencontres étaient conçues pour favoriser les discussions & échanges en priorité, les évènements culturels, les moments conviviaux qui permettent de mieux se connaître, puis les visites de structures.

Entre les rencontres, les partenaires communiquaient grâce au blog, postaient des écrits, des photos, des vidéos. Nous avons constaté que les bénéficiaires français ont beaucoup progressé dans la pratique d’internet et leur capacité à communiquer (notamment en créant le blog)  mais que généralement les bénéficiaires de tous les pays avaient du mal à passer à l’écrit, à part quelques exceptions. Nous supposons que ce mode de communication ne fait pas encore partie de leurs pratiques quotidiennes et qu’ils ont quelque mal à s’y adapter, car les échanges en présentiel ne posaient pas problème et étaient estimés enrichissants.  Si le passage obligé par la traduction reste un obstacle à la communication, nous n’avons cependant pas constaté davantage d’échanges virtuels entre francophones ! Le véritable obstacle serait donc l’outil en soi ou la crainte de se lancer.

L’objectif d’améliorer nos pratiques professionnelles en matière de participation citoyenne des personnes accueillies nous semble atteint, car nous avons tous appris les uns des autres, et nous sommes posés, ensemble, des questions importantes sur ce que nous pensons être des « bonnes » pratiques, ou plutôt des pratiques « adaptées ». Notre “guide des bonnes pratiques”  en montre la diversité.

Les partenaires d’Aurore :
ACV (Aide au Choix de Vie) – Cultures du Cœur – Association Cent Voix ! – Article 23 & Revers (BE) – Pepsaee (GR) – Fondation Trajets (CH) – Conseil Régional IdF – Programme Grundtvig Partenariats Educatifs (Education & Formation tout au long de la vie) – Fondation Vinci –

 

Guide des Bonnes pratiques Grundtvig 2014 (2)

EVALUATION Grille participative 2013-2014

Charte de fonctionnement élection personnes accueillies au CA

 

 

“Tous différents, tous citoyens”, 2009/2011

aurore projets europeens

 

 

 

 

 

 

Les partenaires

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GRETA_92_NORD

 

 

 

 

Ptiaxto Mazi Mas, Article 23, Greta 92 Nord

 

Les résultats en 2011

Le cadre de travail commun des 4 partenaires a été l’accès à la citoyenneté, particulièrement pour les usagers de la santé mentale. Nous nous sommes interrogés sur la signification de la notion de “citoyenneté” lorsqu’il s’agit de publics fragilisés. Le questionnement commun, pour amorcer la réflexion dans chaque structure était : comment, à partir des questions, préoccupations et problèmes individuels, peut-on collectivement trouver des méthodes, des techniques de recherche de solutions, et construire, en fonction des intérêts et du parcours de chacun, des savoirs utiles pour soi et pour sa vie sociale. Le cadre de référence commun était la recommandation européenne du 18/12/2006 sur les compétences clés pour l’éducation et la formation tout au long de la vie. Parmi les 8 compétences définies dans ce cadre, nous avions ciblé plus particulièrement la sixième des compétences intitulée “interpersonnelles, interculturelles, sociales et civiques”, où l’on retrouve les notions de :

- “citoyenneté démocratique” (citoyens informés, impliqués et actifs),

- “cohésion sociale” (inclusion sociale et citoyenneté active),

- “épanouissement personnel”.

Notre objet de recherche commun consistait à appréhender ces notions dans le contexte spécifique des usagers de la santé mentale, comment les intéressés le vivent au quotidien, comment nous, professionnels pouvons contribuer à améliorer les choses dans nos pratiques quotidiennes. L’enrichissement des compétences transversales des publics en situation de handicap mental et/ou psychique s’inscrit dans “une approche qui suppose une meilleure prise de conscience de leur part des possibilités qu’ils ont de modifier le regard et le comportement de la société à leur égard. La personne handicapée subit un “étiquetage” dans son rapport à autrui, avant même que la relation soit entamée. Dès lors, la personne serait assignée par cet étiquetage à une place sociale non négociable qui conduirait vers l’exclusion et la ghettoïsation” (Martine Dutoit, in “Revue Vie Sociale Dedias N° 4/2006). Pour faire évoluer les pratiques et les représentations, il est nécessaire que la personne handicapée ait la conviction d’être un citoyen à part entière et se comporte comme tel. Lors des rencontres, cette problématique a donné lieu à de riches échanges, animés, contradictoires et argumentés.

Nous avons constaté chez nos partenaires grecs et belges l’impact positif pour leurs bénéficiaires d’avoir pu participer à L’ENSEMBLE des mobilités : ce “groupe permanent” inscrivait le présent dans la durée, permettant ainsi une constante et une référence, facilitant ainsi une meilleure intégration des “nouveaux” dans la démarche du projet et la réflexion globale.

Ce projet a permis de réels échanges sur les points forts (bonnes pratiques) identifiés par l’ensemble des participants aux mobilités dans chaque pays, tels que la coopérative sociale grecque qui permet une réelle représentation des usagers au CA ; l’association d’auto-représentation des usagers grecs ; le décloisonnement de l’approche de notre partenaire belge qui permet d’intégrer la dimension culturelle dans la problématique de l’insertion socio-professionnelle. De leur côté les partenaires grecs sont fortement intéressés par l’expérience d’Aurore dans des champs du secteur social qu’ils souhaitent développer et pour lesquels d’ores et déjà ils nous ont sollicités pour un accompagnement et supervision en tant qu’experts. Les belges et les grecs ont été très intéressés par les pratiques pédagogiques du Greta 92 Nord, notamment la démarche utilisant l’outil “nuages de mots” (cf. fiches bonnes pratiques) que nous leur avons expliquée et transférée. Les belges ont participé à un atelier “compétences numériques” dans le centre de ressources et ont pu ainsi valider le passeport de navigation internet (NSI).

L’objectif concernant la participation active des bénéficiaires français comme ancrage à l’apprentissage des compétences transversales a été atteint. D’un point de vue pédagogique, certains bénéficiaires ont progressé en termes de communication écrite et orale, usage d’internet, méthodologie de recherche, compétences sociales, culturelles, civiques, esprit d’initiative et confiance en soi. D’un point de vue général, les résultats sont encourageants: ainsi certains sont d’ores et déjà dans “l’agir” et veulent approfondir ces questions de citoyenneté ; en outre ils souhaitent construire le prochain projet Grundtvig eux-mêmes (avec notre appui méthodologique), et envisagent à terme de créer une association (ou autre forme) d’auto-représentation d’usagers.

L’ensemble des partenaires est tout à fait satisfait, à la fois du fonctionnement du partenariat, des liens tissés entre les organismes et les acteurs du projet, des résultats et des perspectives. Le format du programme Grundtvig convenait bien aux objectifs et aux préoccupations communes.

 

Les productions

La grille d’évaluation participative du projet (bilingue) :

europe socialLes fiches de bonnes pratiques :

europe social

Le Carnet de voyage

Les bénéficiaires qui ont participé aux voyages mentionnés ci-dessus ont réalisé un carnet de voyage. Ils expliquent ici leur démarche et présentent leur carnet.

 

“Nous avons participé à plusieurs rencontres transnationales, lors desquelles nous avons pu visiter des structures, observer les pratiques, et surtout échanger avec les professionnels et les usagers.

Au retour de la dernière rencontre à Liège, nous avons eu envie de garder trace d’un vécu très enrichissant, et remercier nos hôtes :

  • pour leur accueil chaleureux, leur convivialité, leur délicatesse et l’organisation du séjour,
  • pour la richesse des échanges, de l’écoute, de la culture.


Nous avons donc entrepris de réaliser un « carnet de voyage », qui témoigne de tous ces moments partagés, sous des formes différentes qui permettent plusieurs modes d’expression, où chacun-e d’entre nous puisse se retrouver : dessins, photos, collages, mais également poésies, témoignages, lettres, cartes postales, listes de verbes, impressions fugaces, les « nuages de mots »…

Nous avons pris beaucoup de plaisir à ce travail collectif :

  • « j’ai eu un grand plaisir à faire les collages. Même en dehors des séances, dans la rue, n’importe où, je collectais des journaux et magazines en pensant au carnet de voyage… »
  • « moi, le travail du massicot et de brochage du carnet de voyage m’a plu aussi, car même si c’était difficile à réaliser, on a bien ri tous ensemble »
  • « j’ai aimé travailler sur les textes, les bulles, choisir les photos… et le partage aussi »


Au-delà du remerciement à nos partenaires, nous souhaitons également faire connaître plus largement cette expérience, aux personnes d’Aurore, mais aussi à l’extérieur. Nous envisageons d’ailleurs de réaliser une exposition !

Nous avons la volonté de poursuivre cette recherche autour des thèmes de la participation citoyenne et de la déstigmatisation, et de monter nous-mêmes un futur projet Grundtvig, avec des partenariats élargis.”

Aimée-Gisèle, Lydie, Christophe, Fayçal, Feridun, Rollin et Xavier

 

 

parole usager europeCarnet de voyage

 

Découvrez ici les témoignages des participants

Lydie, participante française

Je suis très contente de ces 4 jours… J’ai vu que dans chaque pays chacun a ses problèmes. J’ai constaté également que depuis la première rencontre à Paris, certains participants ont vraiment évolué depuis un an. J’étais heureuse aussi que deux participants grecs se soient souvenus de moi depuis la rencontre à Paris, alors que je n’étais pas venue à Athènes. Les structures à Liège font des trucs super, par exemple Revers avec leurs ateliers d’art. Question santé, chacun son parcours psychique ou handicap mental, ils ne font pas d’amalgame, ils accueillent tout le monde. Ils ont un bon encadrement. Les travailleurs sociaux leur laissent beaucoup la parole. On sent une complicité importante entre eux, ils vivent ensemble, font des choses ensemble. Ils font beaucoup de projets, j’étais étonnée, ils vont toujours plus loin… par exemple ils vont préparer une pièce de théâtre, ils vont partir en Espagne, et puis à Marseille… C’est Joseph et Claudine qui me l’ont dit…. J’étais étonnée car ils disent qu’ils n’ont pas beaucoup d’argent alors qu’ils font plein de choses !

 

Jean-Marc ESCURIER, chef de service à Aurore PRISM

Lors de notre rencontre en Grèce, l’organisation de leur structure nous a impressionnés, aussi bien les professionnels que les usagers. Ce type de structure sous forme de « coopérative sociale » avec participation active des usagers non seulement dans le quotidien mais aussi un niveau de l’instance de décision est totalement inédit en France dans le champ du médico-social. Cela se ressent au niveau de la pratique professionnelle qui est obligée de prendre en compte la parole de l’usager. Les usagers Français ont été étonnés de la liberté de parole des usagers grecs. Ils ont été surpris sur le niveau de réflexion par rapport à la santé mentale et la perception de celle-ci dans la société. C’est ainsi que nous avons décidé de mettre en œuvre des dispositifs afin de mieux prendre en compte la parole des usagers. Une réflexion est menée avec les usagers sur la mise en place d’instances de participation active des usagers. En Belgique, le travail autour des arts plastiques en général, avec aussi des usagers animateurs, a également attiré la curiosité des français. La pratique s’appuyant sur les compétences et capacités des usagers est aussi un travail que nous essayons de mettre en place avec des ateliers thématiques. Enfin, ces rencontres ont permis d’élargir notre vision de la pratique professionnelle et surtout de mieux prendre en compte la parole des usagers.

 

Iannis, participant, salarié usager grec

Lors des visites aux structures d’Aurore, j’étais vraiment heureux de pouvoir discuter avec d’autres usagers, de vois ce qu’ils font, comment ils vivent. Cela m’a ému de parler avec des gens comme nous, qui rencontrent les mêmes problèmes. J’aurais aimé que l’on puisse témoigner davantage lors de la présentation, mais une chose est sûre, il faut que nous gardions contact et je compte leur écrire à notre retour en Grèce.

 

Feridun, participant français

J’avais hésité à partir mais j’ai vu les belges très motivés et cela m’a motivé à mon tour. Ce qui marqué le plus, ce sont les ateliers d’insertion professionnelle, ils ont une vraie formation. Mais le voyage était trop court, j’aurais aimé rester une semaine pour voir plus de choses.

 

Christian, participant belge Article 23

J’ai été impressionné par le côté très social du restaurant Santeuil. J’ai envie de continuer le projet pour construire une Europe sociale, après l’Europe économique, pour élargir ce cercle familial…

 

Aimée-Gisèle, participante française

L’une des choses qui m’a le plus marquée est l’activité de l’association Revers, qui fait partie du réseau local avec Article 23. Leur fonctionnement permet aux stagiaires, qui travaillent en insertion chez Article 23, de participer une fois par semaine à un atelier culturel de leur choix sur leur temps de travail !… Ce qui m’a le plus marquée chez les Grecs, c’est leur capacité manifeste à s’exprimer. Ils ont l’habitude de donner leur avis, de poser des questions. Ils ont un atelier discussion, une fois par semaine, qui leur donne confiance en eux. De plus, ils ont créé une association d’auto-représentation des usagers. Nous voudrions faire la même chose. C’est pour cela que nous avons décidé de demander une subvention pour poursuivre ce projet, garder le contact avec les partenaires belges et grecs et découvrir de nouvelles associations, en Suisse par exemple. Nous travaillons sur un carnet de voyage qui, en complément du rapport final, sera adressé à l’Europe. C’est comme cela que nous pourrons faire avancer les choses en France.

 

Les rencontres transnationales

Les bénéficiaires et leurs accompagnateurs sont partis visiter leur partenaire belge du 9 au 12 mai. Découvrez dans Aurore.com n°64 l’article consacré à ce voyage

Visite chez les partenaires grecs

aurore europe lutte contre exclusion L’ensemble des partenaires du projet Grundtvig s’est retrouvé à Athènes en septembre. Après une première rencontre transnationale à Paris en juin 2010, les acteurs du projet Grundtvig se sont retrouvés du 26 au 29 septembre, pour une deuxième rencontre. Pour rappel, le projet expérimental réunit les associations belge Article 23, française Aurore et Greta, et grecque Fais-le avec nous , autour de l’accès à la citoyenneté des publics les plus exclus. Le premier jour, les partenaires belges et français étaient invités à participer au Festival de la santé mentale, organisé depuis 3 ans à l’initiative de l’association grecque Pepsaee.

La responsable et présidente de l’association Fais-le avec nous, Paula Nikolau, nous a expliqué les origines du festival et son fonctionnement : ” Nous cherchions à faire se rencontrer malades psychiques et citoyens non malades dans l’idée de faire changer l’image que ces derniers ont de la maladie psychique. Le festival a lieu dans un parc au nord d’Athènes et est évidemment ouvert à tous. Les associations y tiennent des stands où elles présentent leurs activités et, durant la journée, des ateliers et des spectacles ont lieu.” Un festival à l’image du projet : simple, convivial, ouvert, où les bénéficiaires sont partie prenante. Le deuxième jour, la parole était donnée aux stagiaires lors d’une réunion plus formelle à la Mairie d’Egaleo, en banlieue d’Athènes. Ce fut l’occasion pour Fayçal, stagiaire français, de rappeler que « l’action vaut plus que la parole et cette expérience en Grèce rapproche encore davantage les participants“. Yanis stagiaire grec, a pu exprimer à l’assemblée son enthousiasme : « Ce projet m’apporte beaucoup. J’ai eu envie de participer car je crois que, s’il est important de travailler, il faut aussi avoir d’autres centres d’intérêt dans la vie. J’ai eu le plaisir de découvrir le travail fait en France en juin, même si, au départ, j’avais un peu peur du voyage.” Les stagiaires belges ont également évoqué leur séjour à Paris. …tous les participants se sont retrouvés au club social pour un grand moment de convivialité. Après une après-midi consacrée à différentes visites ou rencontres (notamment le Centre d’Insertion, la Coopérative Sociale EVZIN et la rencontre avec les membres de l’association d’autoreprésentation des usagers de la santé mentale) et à un atelier cuisine pour préparer le dîner commun du soir, tous les participants se sont retrouvés au club social de Fais-le avec nous pour un grand moment de convivialité. Le troisième jour, les partenaires grecs avaient organisé un programme culturel consacré à la ville et à son histoire avec la visite du musée de l’Acropole, un atelier philosophie et, pour finir, une visite du quartier de Plaka ou une promenade en bord de mer.

Les participants ont beaucoup apprécié la convivialité de leurs hôtes ainsi que la diversité et la richesse d’un programme qui a su tenir compte des souhaits et suggestions que l’ensemble des participants, y compris les bénéficiaires, avait émis à Paris, tout en réservant une part importante aux échanges et aux visites. Avec le difficile pari d’un bel équilibre entre le professionnel et le culturel ! La participation active et la prise en compte de la parole des usagers sont au coeur de notre projet. La participation active et la prise en compte de la parole des usagers sont au coeur de notre projet, le souci de la reconnaissance de nos différences et de la diversité font également partie de nos objectifs. Pour les professionnels de Prism, un voyage à l’étranger avec des publics présentant des « handicaps sociaux » (sans abri, toxicomanes) et psychiques était à la fois un pari difficile et une expérience passionnante et fort enrichissante. Ce séjour aura permis aux partenaires de mieux se connaître, de poursuivre le travail commun, avec une mixité de publics très large et des pratiques différentes, même si les philosophies sont proches.

Programme ATHENES.

Visite parisienne, témoignages

Dans le cadre de la première rencontre transnationale qui a eu lieu du 31 mai au 3 juin 2010,des salariés et des bénéficiaires belges et grecs ont visité certains services d’Aurore, dont le restaurant social Santeuil et les Jardins biologiques du Pont Blanc. Les usagers ont participé activement à toutes les rencontres (table ronde, visites, discussions et échanges, journées d’immersion), posant beaucoup de questions à leurs homologues pour connaître leurs conditions de vie et les différences avec leur propre pays. Ils en témoignent ici.

Lydie, participante, allocataire du service Prism : “En discutant avec les personnes belges j’ai eu l’impression que la Belgique est plus ouverte et accepte mieux la maladie psychique qu’en France. Ici, nous prenons trop de médicaments et il semble qu’en Belgique les personnes en difficulté psychique soient mieux encadrées.”

Fayçal, participant, allocataire du service Prism : “Ca a été une découverte intéressante qui a permis d’échanger et de connaître le fonctionnement des structures pour handicapés psychiques dans différents pays. La rencontre a été très chaleureuse avec les grecs qui ont expliqué leurs difficultés dans les hôpitaux psychiatriques et leurs efforts pour moins recourir aux hospitalisations. La prise en charge en Belgique est différente : les malades psychiques ne sont pas mis sous tutelle du médecin et peuvent conserver leur indépendance. Les différences sont intéressantes.”

Cela m’a ému de parler avec des gens comme nous, qui rencontrent les mêmes problèmes.Ioannis, participant, salarié usager grec : “Lors des visites aux structures d’Aurore, j’étais vraiment heureux de pouvoir discuter avec d’autres usagers, de voir ce qu’ils font, comment ils vivent. Cela m’a ému de parler avec des gens comme nous, qui rencontrent les mêmes problèmes. J’aurais aimé que l’on puisse témoigner davantage lors de la présentation. Mais une chose est sûre, il faut que nous gardions contact et je compte leur écrire à notre retour en Grèce.”

Christian, participant, stagiaire belge Article 23 : “J’ai été impressionné par le côté très social du restaurant Santeuil. J’ai envie de continuer le projet pour construire une Europe sociale, après l’Europe économique, pour élargir ce cercle familial. J’ai apprécié également la ville et particulièrement Notre-Dame et le Sacré Coeur.”

Jean-Michel Stassen, directeur de l’association belge Article 23 : “Il y a une diversité des systèmes, des institutions et des approches. Il y a du bon partout mais c’est insuffisant, on ne va pas assez loin, ni en termes de moyens ni en termes de reconnaissance. Le point commun entre les deux pays est la stigmatisation. J’ai personnellement été surpris par l’attitude de certains bénéficiaires qui ont accepté d’entendre parler de la maladie, ce qui n’est pas forcément le cas en Belgique. Dans le futur, nous souhaiterions préparer le voyage plus en amont avec les bénéficiaires. Parallèlement, avant les visites, les professionnels ont eux à appréhender les notions juridiques et organisationnelles des pays partenaires.”

Joëlle Fouyet, Chef de projet : “En amont, lors des réunions d’information collectives et au démarrage de l’atelier formation réalisé par notre partenaire Greta 92 Nord, il n’était pas évident pour les participants de s’y retrouver dans ce projet ! Que va-t-on y faire ? Pourquoi des voyages ?… …la « participation active » n’est pas un vain mot.Mais très vite le groupe s’est constitué et dès qu’ils ont rencontré les partenaires belges et grecs, ils se sont emparés du projet qui a pris sens, ont fait des propositions pour la communication et la seconde rencontre à Athènes. Ils ont pris les choses réellement en main, décidé, organisé. Bref la « participation active » n’est pas un vain mot.”

Programme PARIS

 

Rappel du projet

“Tous différents, tous citoyens”, un projet Grundtvig Partenariat éducatif

  • Un projet de 2 ans (2009/2011)
  • 3 pays  : France, Belgique, Grèce
  • 4 partenaires : Aurore (Paris), Greta 92 Nord (Clichy), Article 23 (Liège, Belgique), Fais-le avec nous (Athènes, Grèce)
  • 96 participants environ (24 par partenaire) : usagers et encadrants.

Les objectifs :

  • Travailler ensemble à l’amélioration de l’accès à la citoyenneté et aux droits des usagers
  • Développer les compétences transversales (sociales, culturelles, civiques, esprit d’initiative, confiance en soi, etc…) des publics accueillis dans les structures partenaires
  • Apprendre de ce projet pour renforcer la professionnalisation des personnels encadrants sur ces aspects
    Les usagers, allocataires du RSA, malades et handicapés psychiques, participent activement à toutes les phases du projet, préparent les visites chez les partenaires, évaluent les bonnes pratiques…
    © 2013 Aurore