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CSAPA George Sand Facade de l'Hébergerie

CSAPA George Sand : innover dans l'accompagnement de l'addiction

Zoom sur les dispositifs l'Hébergerie et Cadence

Le 16 mars 2018 | Actualités - Actus à la Une -

Le Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie d’Emerainville, dit CSAPA Georges Sand, est un service double qui s’occupe des personnes en situation d’addiction sur le territoire de la Seine et Marne. Il vient en aide à la fois à des résidents accueillis au centre et aux professionnels et consommateurs du département dont les besoins sont multiples. Une mission complexe et pluridisciplinaire qui passe par des dispositifs innovants.

Au « quarante-quatre » comme aime l’appeler Stanislas, le chef de service, le Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) Georges Sand est installé dans une ancienne auberge, poutres et colombage apparents.
Deux dispositifs, l’Hébergerie et Cadence se partagent les locaux.

 

 Héberger, soigner et retrouver l’autonomie

 « A l’Hebergerie, chaque résident signe un contrat personnalisé à son arrivée » explique Stanislas, chef de service. La structure, qui accueille 13 résidents, accompagne sur une période moyenne de 10 mois des personnes en situation d'addiction. Elles sont accompagnées dans leur volonté de sevrage du cannabis, de la cocaïne, de l’alcool. Les résidents vivent donc en communauté le temps de leur séjour au CSAPA, mais chacun établit un objectif qui lui est propre, rien n’y est standardisé.

Une infirmière et une psychologue travaillent avec les personnes en situation d'addiction et avec les travailleurs sociaux du centre pour entreprendre une thérapie adaptée à chacun. Le sevrage est progressif et Stanislas insiste sur le fait "qu'aucun résident n'est poussé vers la sortie parce qu'il a été vu en train de consommer".

Dans le processus de soin, le travail s’effectue sur le long terme et passe donc à la fois par un suivi médical complet mais aussi par le réapprentissage de gestes quotidiens et de vie en société : « Une part essentielle de notre travail s’effectue dans la vie quotidienne du groupe, de la cuisine aux sorties du week-end ». Sevrer n’est pas un objectif en lui-même, il s’agit avant tout de retrouver une sociabilité que l’addiction n’a plus permis depuis longtemps.

En effet, les résidents participent tous et tous les jours à la vie des lieux. L’addiction isole, le but est donc de retrouver une place dans un groupe, puis dans la société. Cela passe par la mise en place d’ateliers qui rythment les journées du centre : informatique, photo, écriture… ou l'oganisation de sorties (budget, organisation, contact avec les structures) qui font partie du réapprentissage social : « L’addiction n’est pas seulement la perte de la capacité à s’abstenir. Elle impacte également les relations humaines » précise le chef de service. « Il est clairement impossible de soigner complètement en étant seulement un centre pour personnes toxicomanes replié sur lui-même! »


L’échange est aussi au cœur du quotidien à l’Hébergerie. Les lectures ou les projections de films sont toujours suivies d’un débat entre les personnes accueillies et les équipes. De même que les règles qui régissent le centre font l'objet d'espaces de réflexion et d'échanges participatifs. Des moments au cours desquels Stanislas ne se « positionne pas en professionnel du savoir » et qui font partie de la démarche d’autonomisation de chacun.

 

Répondre aux besoins immédiats des professionnels comme des personnes en situation d’addiction sur le département

C’est justement une des raisons qui a poussé les équipes à mettre en place, au cours de l’année 2016, un dispositif innovant et complémentaire.
« Cadence est une consultation avancée en addictologie. Elle est née de la volonté de favoriser l’accès au soin » explique David Gourguechon, éducateur spécialisé qui travaille à la fois à l’Hebergerie et au sein de l’équipe Cadence. Cette création répond à un besoin identifié sur le territoire de la Seine et Marne.

Le travail effectif des professionnels de Cadence a donc commencé début 2017. Interventions auprès des travailleurs sociaux des centres d’hébergement d’urgence (CHU), présence sur des forums du département, prévention dans les collèges et lycée, « Cadence est même devenu référent pour la prison de Meaux ». En effet, l'équipe est appelée à se déplacer en milieu carcéral afin à la fois de dialoguer avec les détenus (principalement ceux qui préparent leur sortie) et de les aider dans leur démarche de sevrage, mais aussi dans le but de former le personnel aux questions d'addiction.

La mobilité de l’équipe est à double sens. Repérage des besoins et « aller-vers » donc, mais aussi une réponse immédiate et ambulatoire à ceux qui s’adressent directement à Cadence : « Il m’est arrivé de rester au téléphone une journée entière avec une consommatrice venue vers nous pour trouver une solution au plus vite. L’objectif dans ce cas-là c’est de ne pas perdre le contact avec la personne tant qu’une solution n’a pas été trouvée pour elle, même sans la rencontrer » poursuit David.

 

15 professionnels sont donc présents au CSAPA Georges Sand, sur ces deux dispositifs complémentaires. Cette spécificité d’un service double permet de multiplier les approches dans le traitement de l’addiction : « Le but dans l’addictologie c’est de pouvoir rester flexible : ici, centre thérapeutique et équipe mobile se complètent. La stabilité de l’un permet la mobilité de l’autre et inversement. Et ça roule très bien » explique Vincent, éducateur au sein de Cadence.
Un bilan très positif pour le CSAPA qui est devenu une référence en matière de suivi médico-social dans le département et qui aimerait continuer à s’ouvrir sur l’extérieur dans les prochains mois : « un peu à l’image des Grands Voisins d’Aurore, nous aimerions créer un véritable espace collectif qui seraient tenu par les résidents. Un café social, un potager partagé… Les idées sont là, il ne reste plus qu’à faire ! » conclut Stanislas.
 

LE CSAPA GEORGE SAND C'EST :

  • 15 professionnels (1 docteur en pharmacie, 1 infirmière, 1 préparateur en pharmacie, 3 éducateurs, 1 psychologue, 1 assistant, 1 moniteur, 3 travailleurs sociaux, 1 auxiliaire, 2 veilleurs de nuit)
  • 2 services : un centre thérapeutique, une équipe mobile
  • 13 résidents à l'Hébergerie
  • 3 piliers : thérapeutiques, socio-éducatif, culturel et sportif
  • Prise en charge moyenne de 10 mois
Mots clefs associés : Addiction    Accès aux soins